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La Fiscalité des Entreprises au Bénin : Guide Complet

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Équipe iCotonou.com2026-07-23T16:17:00+01:00 · 10 min
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La Fiscalité des Entreprises au Bénin : Guide Completicotonou.com · 2026-07-23T16:17:00+01:00

Le Bénin a mené d'importantes réformes fiscales pour simplifier les démarches des contribuables et accroître la transparence des affaires, matérialisées par un Code Général des Impôts (CGI) révisé chaque année en loi de finances. Pour les entreprises qui dépassent les seuils de la fiscalité simplifiée, la fiscalité des entreprises au Bénin repose sur le régime réel d'imposition, avec des obligations déclaratives complètes et des impôts distincts de ceux applicables aux petits commerçants et artisans.

Ce guide se concentre sur le régime réel : l'Impôt sur les Sociétés (IS), la TVA, les retenues à la source et les conventions fiscales internationales applicables aux groupes et filiales étrangères installés au Bénin. La fiscalité locale (taxe foncière) et le régime simplifié de la Taxe Professionnelle Unique pour les petits commerçants font l'objet d'un guide dédié sur les impôts locaux à Cotonou.


1. Qui relève du régime réel d'imposition

L'administration fiscale béninoise distingue deux grandes catégories de contribuables entreprises selon leur chiffre d'affaires annuel.

En dessous d'un seuil fixé par le Code Général des Impôts, les micro et petites entreprises relèvent de la Taxe Professionnelle Unique (TPU), un régime forfaitaire simplifié. Au-delà de ce seuil, ou pour certaines formes juridiques et activités exclues du régime simplifié quel que soit leur chiffre d'affaires (sociétés de capitaux au-delà d'un certain profil, activités réglementées), l'entreprise bascule vers le régime réel d'imposition. Ce régime impose la tenue d'une comptabilité complète selon les normes SYSCOHADA révisées, la production d'états financiers certifiés et une Déclaration Statistique et Fiscale (DSF) annuelle détaillée.

C'est ce régime réel, applicable aux entreprises de taille intermédiaire et aux grandes entreprises, qui concentre les enjeux fiscaux les plus significatifs pour un investisseur ou un groupe étranger installé à Cotonou.


2. L'Impôt sur les Sociétés (IS)

L'Impôt sur les Sociétés s'applique aux bénéfices nets réalisés par l'entreprise au cours de l'exercice comptable, déterminés après retraitement fiscal du résultat comptable établi selon les normes SYSCOHADA.

Le taux applicable

Le taux de l'IS au Bénin est fixé à 30 % pour la généralité des entreprises. Le Code Général des Impôts prévoit des taux différenciés ou des réductions pour certaines catégories d'entreprises, notamment celles qui bénéficient d'un agrément au Code des Investissements, dont les avantages fiscaux peuvent réduire ou suspendre temporairement l'IS pendant la durée du régime d'agrément accordé.

L'acompte sur IS et le minimum de perception

Les entreprises au régime réel versent des acomptes sur IS en cours d'exercice, calculés sur la base du résultat de l'exercice précédent, puis régularisés lors de la déclaration annuelle. Le CGI prévoit également un minimum de perception, un montant plancher d'impôt dû même en l'absence de bénéfice imposable ou en cas de résultat déficitaire, calculé notamment par référence au chiffre d'affaires réalisé. Ce mécanisme évite qu'une société structurellement déficitaire sur le plan comptable échappe indéfiniment à toute contribution fiscale.

La Déclaration Statistique et Fiscale (DSF)

Toute entreprise au régime réel doit produire chaque année une DSF, document qui reprend l'ensemble des éléments comptables et fiscaux de l'exercice écoulé (bilan, compte de résultat, tableaux annexes). La DSF sert de base au contrôle fiscal et conditionne la régularité de la situation fiscale de l'entreprise vis-à-vis de la DGI, notamment pour l'obtention d'une attestation de régularité fiscale, souvent exigée dans les appels d'offres publics et les relations avec les banques.


3. La TVA et les autres taxes sur le chiffre d'affaires

La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est un impôt indirect collecté par les entreprises assujetties sur leurs ventes de biens et de prestations de services.

  • Taux standard : 18 %, un taux harmonisé au sein de l'espace UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine), auquel le Bénin appartient aux côtés du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.
  • Exonérations : certains produits de première nécessité, intrants agricoles, médicaments et opérations financières spécifiques sont exonérés de TVA par le Code Général des Impôts.

Les entreprises au régime réel déclarent et reversent la TVA collectée mensuellement, après déduction de la TVA supportée sur leurs propres achats, selon le mécanisme classique de TVA déductible.

L'Acompte sur Impôt assis sur les Bénéfices (AIB)

Le CGI prévoit un prélèvement à la source, l'AIB, appliqué sur certaines opérations d'achat et d'importation, à un taux qui varie généralement entre 1 % et 5 % selon la nature de l'opération et le statut fiscal du fournisseur ou de l'acheteur. Ce prélèvement constitue un acompte qui vient ensuite en déduction de l'impôt définitivement dû par l'entreprise (IS ou TPU selon son régime), ce qui évite une double charge fiscale sur la même opération.


4. Les retenues à la source sur les paiements à l'étranger

Pour une entreprise qui verse des sommes à des prestataires, actionnaires ou créanciers non-résidents (dividendes, intérêts, redevances, honoraires de prestations de services rendues depuis l'étranger), le Code Général des Impôts prévoit un régime de retenue à la source. L'entreprise béninoise qui effectue le paiement retient une fraction de la somme versée et la reverse directement au Trésor béninois, avant même que le bénéficiaire étranger ne perçoive le solde net.

Ce mécanisme concerne directement les filiales béninoises de groupes internationaux : redevances de marque versées à une maison mère étrangère, intérêts sur un prêt intragroupe, ou honoraires de management fee facturés par un siège régional situé hors du Bénin. Le taux et les modalités précises de la retenue dépendent de la nature du paiement et, le cas échéant, d'une convention fiscale applicable entre le Bénin et le pays de résidence du bénéficiaire.


5. Les conventions fiscales internationales

Un investisseur étranger ou un groupe multinational installé au Bénin doit vérifier si son pays de résidence a signé une convention fiscale de non-double imposition avec le Bénin, car ces conventions modifient directement le régime de retenue à la source et le traitement des bénéfices réalisés localement.

Les conventions en vigueur

Le Bénin a signé une convention fiscale avec la France, en vigueur depuis 1977, qui encadre notamment l'imposition des dividendes, intérêts et redevances échangés entre les deux pays et prévoit des mécanismes d'élimination de la double imposition pour les résidents fiscaux de chaque État. Une convention a également été signée avec le Maroc, entrée en vigueur au 1er janvier 2023. D'autres conventions, signées mais non encore ratifiées à certaines dates selon les pays partenaires, complètent progressivement le réseau conventionnel béninois.

Le règlement UEMOA de non-double imposition

Au-delà des conventions bilatérales, le règlement n° 08/2008/CM/UEMOA organise un cadre commun d'élimination de la double imposition entre les huit pays membres de l'UEMOA. Ce règlement facilite les opérations intragroupes pour les entreprises présentes dans plusieurs pays de la zone, un cas fréquent pour les groupes régionaux ouest-africains implantés à la fois au Bénin, au Togo, en Côte d'Ivoire ou au Sénégal.

Pourquoi vérifier la convention applicable avant de structurer un investissement

L'existence ou l'absence d'une convention fiscale entre le Bénin et le pays de résidence de l'investisseur ou de la maison mère change directement le rendement net d'un investissement : un taux de retenue à la source réduit par convention peut représenter un écart significatif sur des flux de dividendes ou de redevances récurrents. Cette vérification fait partie des points à traiter en amont avec un fiscaliste, avant même le choix de la structure juridique de l'investissement.


6. Fiscalité de groupe et prix de transfert

Pour un groupe international disposant de plusieurs entités liées, dont une filiale ou une succursale au Bénin, le Code Général des Impôts encadre les transactions intragroupes à travers les règles de prix de transfert. L'administration fiscale béninoise peut requalifier une transaction entre entités liées (vente de biens, prestations de services, prêts intragroupes, redevances) si son prix s'écarte de ce qu'auraient convenu des entreprises indépendantes dans des conditions comparables, un principe dit de pleine concurrence commun à la plupart des législations fiscales internationales.

Les entreprises béninoises appartenant à un groupe international et dépassant certains seuils de chiffre d'affaires ou de transactions avec des entités liées peuvent être soumises à des obligations documentaires spécifiques justifiant la politique de prix de transfert appliquée. Ce point concerne en priorité les filiales de multinationales et les groupes régionaux structurés avec une société de service ou une centrale d'achat commune, moins les PME locales à actionnariat unique.


FAQ : Fiscalité des Entreprises au Bénin

Quelle est la différence entre le régime réel et la Taxe Professionnelle Unique ?

La Taxe Professionnelle Unique (TPU) est un régime forfaitaire simplifié réservé aux entreprises dont le chiffre d'affaires reste sous le seuil fixé par le Code Général des Impôts, qui remplace plusieurs impôts en un seul prélèvement. Le régime réel, applicable au-delà de ce seuil, impose une comptabilité complète SYSCOHADA et l'application distincte de l'Impôt sur les Sociétés, de la TVA et des autres taxes propres aux entreprises structurées.

Quel est le taux de l'Impôt sur les Sociétés au Bénin ?

Le taux standard de l'IS est de 30 % du bénéfice net imposable, avec des taux réduits ou des exonérations possibles pour les entreprises bénéficiant d'un agrément au Code des Investissements.

Une entreprise déficitaire doit-elle quand même payer un impôt ?

Oui, potentiellement. Le Code Général des Impôts prévoit un minimum de perception, un montant plancher dû même en l'absence de bénéfice imposable, calculé notamment par référence au chiffre d'affaires de l'exercice.

Comment une filiale béninoise d'un groupe étranger doit-elle traiter les redevances versées à sa maison mère ?

Ces paiements sont en principe soumis à une retenue à la source appliquée par la filiale béninoise avant versement au bénéficiaire étranger. Le taux exact dépend de la nature du paiement et, si elle existe, d'une convention fiscale de non-double imposition entre le Bénin et le pays de résidence de la maison mère, qui peut réduire le taux de retenue applicable par défaut.

Le Bénin a-t-il signé des conventions fiscales avec d'autres pays que la France ?

Oui. Outre la convention avec la France en vigueur depuis 1977, le Bénin a signé une convention avec le Maroc, entrée en vigueur en 2023, ainsi que d'autres conventions à différents stades de ratification. Le Bénin participe également au règlement UEMOA de non-double imposition applicable entre les huit pays de la zone.

Qu'est-ce que l'AIB et comment fonctionne-t-il ?

L'Acompte sur Impôt assis sur les Bénéfices (AIB) est un prélèvement à la source appliqué sur certaines opérations d'achat et d'importation, généralement entre 1 % et 5 % selon la nature de l'opération. Il constitue une avance sur l'impôt définitif dû par l'entreprise et vient en déduction de l'IS ou de la taxe forfaitaire due en fin d'exercice.

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